À Chambly, un fort et quatre phares !

Paul-Henri Hudon

HISTOIRE – Qui se souvient des lighthouses qui ont existé à Chambly ?  On les appelait feux d’alignement dans les documents. On mentionne même un fanal Headlight Lantern. On pourra les qualifier aussi de sémaphores, de poteaux phares, de signaux de brume, de sifflets d’alarme.

Les phares à Chambly ont été installés en 1907. Il y avait deux feux d’alignement à Chambly-Canton, dont l’un se trouvait dans le parc de la Commune (photo), aligné avec son vis-à-vis placé dans la cour arrière de l’ancienne caserne des soldats.

On trouvait aussi deux phares du côté de Chambly-Bassin. Les cartes du fonds Philias-Lajeunesse laissent voir en 1928 deux feux d’alignement. Un qui se trouverait en 2007, sous l’emprise du boulevard Fréchette, situé entre la maison Lajeunesse en briques rouges et le ruisseau (près de l’emplacement de l’actuelle station d’essence Shell). L’autre est visible sur la carte (près du chiffre 11), à l’emplacement de l’actuel Centre commercial.

Évidemment la décharge a été depuis canalisée, remblayée et couverte par le boulevard Fréchette qui aboutit à l’embouchure du ruisseau, où se trouve un stationnement municipal.

Les gardiens de phare sont Joseph Savage, est engagé le 10 juillet 1907 au salaire de  220 $; et Joseph De Senneville, embauché le 23 mai 1907 au salaire de 150 $ puis, le 24 juin 1907, au salaire de 220 $. (Documents de la Session, 1909, no 12, p. 189 et 1916, no 17, p. 94).  Joseph Savage serait marié à Adélaïde Perrault. Celui-ci est dit cultivateur (1883) et  sera inhumé à Chambly le 11 février 1918, âgé de 82 ans (Registre de Saint-Joseph).

Quant à Joseph De Senneville, est-il marié à Odile Desjardins (Registre de Saint-Joseph, 19 juin 1905 et 12 août 1906) ? On le dit journalier (1887), cantonnier (1916), et  journalier (1915 et 1917).

Il y a aussi cet autre Joseph De Senneville (1889-1968), marié à Yvonne Beauvais (1896-1952). S’agirait-il plutôt d’Arthur De Senneville (1868-1963), époux de Marie-Louise Sauvé (Chambly, 1665-1990, page 254) ? Ce dernier aurait été scaphandrier au canal de Chambly.  Il habitait au 250, boulevard Fréchette. Lequel des trois s’occupait des deux phares de Chambly-Bassin ?

À l’époque de l’installation de ces feux, Wilfrid Laurier était alors le premier ministre libéral à Ottawa. Victor Geoffrion était le député libéral de Chambly-Verchères. Le ministre de la Marine et des Pêcheries est Louis-Philippe Brodeur, natif de Beloeil, et député libéral du comté de Rouville.

Tout concordait pour que la rivière Richelieu reçoive sa part des investissements navals. En 1908, trente nouveaux phares seront installés dans la région pour faciliter la navigation.

Le corps d’Alphonse Bérard qui s’était noyé au mois de janvier dernier a été retrouvé lundi près du phare de Chambly-Canton. (La Presse, 3 avril 1907).

Photos: Archives de la Société d’histoire, Fonds Denis-Lavoie et fonds Philias-Lajeunesse.