Au royaume d’Alice Gagnon

CHAMBLYLa quête d’Alice Gagnon, le quatrième roman de Louise Chevrier, débarque chez les libraires cette semaine. L’auteure sera au centre commercial de Chambly, ce mardi 17 avril dans le cadre d’un 6 @ 8, pour en faire le lancement officiel. L’événement se déroulera à la Librairie Larico.

Moment de fébrilité pour l’auteure dont la première série de ses romans consacrée aux Chroniques de Chambly avait obtenu du succès, avec 15 000 exemplaires écoulés de ses trois tomes.

Avec La quête d’Alice Gagnon, la romancière nous propose une saga familiale. Une histoire qui se déroule dans la région natale de l’auteure, le Saguenay. Son héroïne est inspirée de la vie de sa grand-mère dans un Québec qui s’ouvre à la modernité avec l’arrivée des grands barrages.

« Cette histoire est née à la suite d’une demande d’une résidente de Chicoutimi chez l’éditeur Hurtubise qui m’a demandé si ça me tentait d’écrire sur la région. J’avais commencé à ramasser des notes et des souvenirs du côté de ma famille, les Lalancette et les Gagnon. J’ai imaginé une histoire à partir du vécu de ma grand-mère. Il y avait là plusieurs pistes intéressantes à explorer», lance l’auteure.

Née sur une ferme, Alice Gagnon (1901-1978) détestait y vivre. Aînée d’une famille nombreuse, elle était entêtée et déterminée. Elle a élevé tous ses frères. Elle-même aura 7 enfants, dont trois qui décéderont.

« Ma grand-mère a perdu beaucoup de monde autour d’elle dans des circonstances dramatiques, dont sa petite sœur Elle regrettait de ne pas être instruite. Pour beaucoup de gens au début du 20e siècle, l’instruction c’était un but à atteindre. C’était une grande fierté si tu pouvais aller à l’école», poursuit l’auteure.

La quête d’Alice Gagnon raconte donc le récit fictif d’une femme qui a vécu plusieurs révolutions personnelles et professionnelles. Louise Chevrier y explore les thèmes du sort des aînés de familles nombreuses, l’éducation dans les écoles de rangs au Québec de l’entre-deux-guerres; qu’est-ce qu’une femme pouvait espérer pour se sortir de sa condition; les grands barrages; l’essor de la modernité au Saguenay. La musique y tient aussi un rôle important.

« Nous avons tendance à oublier que nous somme un peuple de chanteurs et de musiciens. C’est une des marques fortes de notre culture. Mon grand-père qui a été élevé sur une ferme au Saguenay, chantait le Grégorien ! Mes tantes étaient des passionnées d’opéra», explique la romancière.

Sortir de la famille

« Ce qui intéresse Alice, c’est la modernité. La campagne elle n’en veut plus. Elle se rebelle et veut s’en sortir. Pour elle, la porte de sortir sera le désir de s’instruire, le travail dans un magasin de nouveautés «en ville» et le mariage pour sortir de sa famille même si elle y était très influente», explique Louise Chevrier.

La romancière aura consacré deux années aux recherches pour alimenter son histoire. « Ç’a été plaisant de renouer avec la famille et ces souvenirs. Ce qui est fantastique au Saguenay en matière d’histoire, c’est que tous les souvenirs historiques ont été colligés très tôt. La région possède une des plus vieilles sociétés d’histoire du Québec», conclut l’auteure de Chambly.

Le roman La quête d’Alice Gagnon, (462 pages) est publié chez Hurtubise.

Photographie : André Corbeij ©